Les rectifications orthographiques de 1990

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Cricri
Admine
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Les rectifications orthographiques de 1990

Message par Cricri »

**Donna Enigme a écrit :**

**Les rectifications orthographiques de 1990**

Plusieurs de nos plumes ont déjà buté sur ce sujet largement méconnu. Il mérite d'être traité, d'autant plus que ces rectifications vont être prises en compte dès la rentrée 2016 à l?occasion de la mise en ?uvre des nouveaux programmes du primaire et du collège (en France).

Le Conseil supérieur de la langue française, approuvé par l'Académie française, a émis un rapport proposant des rectifications pour simplifier l'orthographe de certains mots français et corriger certaines incohérences. Ce rapport a été publié dans le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990.

Ces rectifications ne sont pas obligatoires : les deux orthographes, ancienne et nouvelle, sont correctes. Seul l'usage pourra les imposer de manière définitive.

N.B. Les correcteurs orthographiques en tiennent compte de manière assez aléatoire et proposent même parfois des aberrations. Donc méfiez-vous.

Comme il serait trop long de les exposer ici de manière exhaustive, je vous conseille ce document. (On y trouve les règles détaillées à partir de la page 9 et la liste alphabétique des mots concernés à partir de la page 16).

Voici le lien vers le document officiel : http://www.academie-francaise.fr/sites/ ... s_1990.pdf


**Pour résumer, on peut détailler les propositions de rectification en 15 principes :**

1. Généralisation de la règle « è devant une syllabe muette »: on peut écrire évènement comme avènement, il cèdera comme il lèvera, etc.
Exceptions:
a) les préfixes dé- et té- (dégeler, prévenir, etc.);
b) les é- initiaux (échelon, édredon, élever, etc.);
c) médecin et médecine.

2. Dans les verbes terminés à l'infinitif par -eler ou -eter, on favorisera la graphie « è » quand la syllabe qui suit contient un « e » muet, plutôt que de redoubler la consonne qui suit: il détèle comme il pèle, il époussète comme il achète, il détèlera comme il pèlera, etc.
Les dérivés en -ment s'alignent sur le verbe.
Exceptions: appeler, interpeler et jeter, ainsi que leurs familles, qui conservent le redoublement de la consonne: j'appelle, tu jettes, elle rejette, tu interpelleras, etc.

3. On unit les numéraux composés par des traits d'union: vingt-et-un, deux-mille-trois-cent-quatre, etc.

4. Le participe passé de laisser suivi d'un infinitif est toujours invariable: les enfants que tu as laissé partir.

5. Les consonnes « t » et « l » qui suivent un « e » muet restent simples: lunetier, prunelier, interpeler, dentelière.

6. Le tréma est déplacé sur la lettre « u » prononcée dans les suites -gue- et -gui- (aigüe, ambigüe, ambigüité) et ajouté pour faciliter la prononciation sur argüer (qui rime avec tuer et non avec blaguer), sur gageüre et quelques mots rares en ?geüre (ex : égrugeüre ou vergeüre?.).

7. Les verbes en -oter/-otter gardent deux « t » s'il existe un nom de la même famille en -otte: botte / botter; calotte / calotter. On préfère la graphie simple lorsque ce n'est pas le cas: danser / dansoter, manger / mangeoter, cracher/ crachoter, neiger / neigeoter, etc.

8. La finale -illier est abandonnée au profit de la finale -iller pour être conforme à la prononciation de serpillère, quincailler, joailler (comme on écrit déjà poulailler, volailler).
Sauf en botanique par analogie (groseillier, vanillier, sapotillier?)
À noter, « millier » n?est pas touché puisque l?on entend le « i ».

9. On unifie la variation -olle/-ole des finales, en adoptant la seconde variante: corole, girole, grole, guibole, mariole, etc.
Exceptions: colle, folle, molle.

10. Les circonflexes disparaissent sur les lettres « i » et « u »: maitresse, aout, naitre, ile, bruler, flute, etc.
Exceptions: a) ils doivent figurer dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif imparfait et plus-que-parfait: nous vîmes, vous lûtes, qu'il aimât, qu'elle eût mangé, etc.;
b) ils doivent figurer quand leur présence permet de lever une ambigüité : du pain et j'ai dû, il croit (croire) et il croît (croître), une poule sur un mur et je suis sûr.

11. Les noms composés formés avec trait d'union, qu'il s'agisse d'un verbe et d'un nom ou d'une préposition et d'un nom, s'alignent sur le singulier et le pluriel des mots simples, c'est-à-dire qu'ils prennent la marque du pluriel sur le second élément: un après-midi, des après-midis, un sèche-cheveu, des sèche-cheveux, un arrière-gout, des arrière-gouts, etc.
Exceptions: a) les noms composés dont le deuxième terme commence par une majuscule (les prie-Dieu)
b) les composés dont le deuxième terme contient un article (des trompe-l'?il, des trompe-la mort).

12. On favorise la soudure des mots composés lorsqu'ils sont formés:
a) des prépositions contr(e)- et entr(e)- comme contrepouvoir, contravis ou entrejambe, s' entraimer...
b) d'un préfixe savant comme agroalimentaire ou audiovisuel
c) d'une onomatopée ou d'un redoublement expressif comme blablabla ou passepasse.
Quelques composés divers sont ajoutés à cette liste (tirebouchon, portemonnaie, piquenique, weekend, rondpoint...).

13. Les emprunts se conforment, dans la mesure du possible, au système graphique du français. Cela concerne surtout les accents et les pluriels: un satisfécit, des pénaltis, allégro, les médias, des stimulus, des minimums, un rockeur, un squatteur (différent du verbe squatter), des tagliatelles ou même taliatelles, des roestis ou pourquoi pas reuchtis (graphie attestée sur l'internet).
À noter, on utilise comme singulier la forme la plus fréquente : macaroni(s), paparazzi(s)

14. Les anomalies sont rectifiées :
a) Certaines familles de mots sont harmonisées : charriot (famille de charrette), imbécilité (imbécile), bonhommie (homme), boursouffler (souffler), cahutte (hutte), persiffler, persiffleur, persifflage (siffler), ventail (vent), déciller (cil), combattivité (combattre)
b) Un accent est ajouté sur quelques mots où il avait été oublié ou dont la prononciation a changé (asséner, gélinotte, québécois, réfréner, féérique)
c) Lorsque deux prononciations coexistent, l?orthographe en tient compte (papeterie ou papèterie, gangreneux ou gangréneux, receleur ou recéleur?.)
d) Les finales « -illier » et « -illière » sont remplacées par « -iller » ou « -illère » lorsque le deuxième « i » ne s?entend pas (joailler / joaillère, serpillère, quincaillère)
Sauf en botanique par analogie (groseillier, vanillier, sapotillier?)
À noter, « millier » n?est pas touché puisque l?on entend le « i ».
e) Cas particuliers :
- assoir et ses composés (au lieu de asseoir), douçâtre (au lieu de douceâtre)
- levreau, cuisseau (qu?il s?agisse du cuisseau de veau ou d?une viande sauvage)
- oignon (comme grognon), nénuphar (pour corriger une fausse étymologie)
- pagaille (au lieu de pagaïe ou pagaye), relai (comme balai, essai)
- saccarine, saccarose, saccarifier (au lieu de saccharine?)

15. De manière générale, il est recommandé aux lexicographes et aux correcteurs de privilégier, en cas de concurrence entre plusieurs formes ou dans le cas de néologismes, la forme la plus simple: forme sans circonflexe, forme agglutinée, forme en « n » simple, graphie francisée, pluriel régulier, etc.



Sources :
- Les rectifications de l'orthographe du français
- Guide pratique de l?orthographe rectifiée
- Le Monde
- Wikipedia

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