Ecrire sans juger

Avatar du membre
DraikoPinpix
Messages : 877
Enregistré le : 06 sept. 2019, 17:20
Localisation : Synoradel
Contact :

Ecrire sans juger

Message par DraikoPinpix »

Êtes-vous aussi dans cette situation ? C'est-à-dire, celle-ci :

Je reprends mon texte. J'écris, mais j'écris lentement. Pourquoi ? Parce qu'en écrivant, je suis tout le temps en train de me juger : "Mouais, c'est bizarre, ce que tu écris, là", "Non, ça, ça ne va pas !", "Mais qu'est-ce que je fais, là ?!"

Okay, l'esprit critique, tout ça, c'est bien. Mais quand tu veux avancer et te dire "je travaillerai ça après la rédaction du premier jet", ben... c'est chiant. Perso, ça me ralentit à mort dans ma rédaction. J'arrive à mes fins, mais tout doucement quoi. J'en ai marre d'être submergée par cette gêne quand je tape une phrase. Là, encore, ça me le fait.

Je me posais la question si c'est parce que je devrais définir un meilleur espace pour écrire. Je suis sur un pc fixe, dans ma chambre. Mais peut-être que je devrais chercher un endroit encore plus intime, plus "cocon". Celles et ceux qui ont vécu ça, avez-vous réussi à y remédier ?

Avatar du membre
Elka
Messages : 576
Enregistré le : 31 déc. 2017, 16:05
Localisation : Maison Poufsouffle
Contact :

Re: Ecrire sans juger

Message par Elka »

Une bien vilaine situation à laquelle je compatis fort... En ce qui me concerne, ça va ça vient. J'ai appris à pas trop insister si vraiment vraiment ça ne marche pas. Parfois je me force quand même à écrire plusieurs paragraphes, et puis quand je reprends le texte le lendemain (idéalement, sinon quelques jours après)... ben j'efface, et je reprends mieux. Parce qu'en fait, écrire un truc qui ne m'a pas satisfait m'a forcé à y repenser à fond juste après (sous la douche, en plein film, en faisant les cent pas ou en coupant des légumes).

Je l'ai fait plusieurs fois récemment, et ces morceaux recommencés sans vergogne m'ont davantage plu.
Après, on ne se sépare jamais complètement de ses doutes. Je crois que ce serait beaucoup trop facile :DD

En ce qui concerne le lieu où j'écris, j'avoue ne pas avoir trop le choix quand je suis chez moi. Même si j'ai parfois très envie d'un bureau, la réalité est que j'ai un canapé et une table basse (pendant le confinement, je faisais la folie de changer la table de place et je me posais sur un coussin de sol... La folie !)
En fait, la meilleure prédisposition pour moi c'est dans ma tête et dans mon corps. Parfois je... boue intérieurement et faut que ça passe.

Si ça te le fait, je recommande chaudement la sacro-sainte douche :sunglasses:

Avatar du membre
DraikoPinpix
Messages : 877
Enregistré le : 06 sept. 2019, 17:20
Localisation : Synoradel
Contact :

Re: Ecrire sans juger

Message par DraikoPinpix »

Ah, effacer le texte, je ne le fais pas par contre. J'écris sans regarder en arrière. Je me dis "Tant pis, tu réécriras ça quand le roman sera terminé". Heureusement, j'y arrive.

Ah non, les douches, c'est cool, mais j'ai pas envie de flamber la facture d'eau de mes parents. XD Déjà, ils pensent que je prends trop de douches... XD

Je pense réfléchir à un espace plus cocon. Ou alors, c'est qu'il y a des jours où j'ai l'impression de faire n'importe quoi et que c'est pas le moment d'écrire. Le hic, c'est que je risque tout le temps de repousser.

Avatar du membre
Jupsy
Messages : 220
Enregistré le : 06 janv. 2018, 17:54
Contact :

Re: Ecrire sans juger

Message par Jupsy »

Cette situation, je la connais bien. D'ailleurs quand je ne suis pas bien, elle sait rester là un bon moment. Je dois donc lutter contre cette petite voix qui ne cesse de critiquer mon travail. Ce n'est pas évident, et il faut parfois une bonne phase de forcing avant que l'écriture ne débute réellement. En général, je reprends le passage lors de la séance suivante, ce qui m'aide en fait à me remettre en selle.

Quant au lieu que j'écris, c'est à mon bureau en général n'ayant pas d'autres chaises dans mon studio. Bon okay j'ai bien un futon mais il n'est pas le top pour écrire. J'ai noté aussi que virer le bordel de mon ordinateur m'aider à aborder plus sereinement mon écriture.

Et je rejoins Elka sur la sacro sainte douche, qui résout bien des conflits. Attention à ne pas rester deux heures dessous sinon la planète va râler.

Avatar du membre
Alice
Messages : 844
Enregistré le : 31 janv. 2019, 13:10
Contact :

Re: Ecrire sans juger

Message par Alice »

Je suis victime du même syndrome :'D
En ce qui me concerne, j'ai fini par décomplexer. Je produis régulièrement des textes cataclysmiques que je dois remanier (ou mettre à la poubelle dans les cas les plus extrêmes). Mais j'ai fini par comprendre que, dans mon cas, il est parfois nécessaire d'écrire un truc pas top (voire nul) pour avoir une "base" de "ce que je ne veux pas du tout". Une fois ça posé, je peux réécrire le passage tel qu'il me convient.
Du coup, même quand je me dis que c'est pourri, je vais jusqu'au bout en sachant que je vais repasser derrière. Mais si j'essaie de faire "mieux" tout de suite, je cale et ça peut bloquer un moment...

Pour ce qui est de l'espace d'écriture, ça ne peut pas faire de mal de t'installer plus confortablement mais je ne suis pas sûre que ça joue tant que ça sur le ressenti. Moi, j'arrive à me juger quelle que soit l'ambiance :'D

Avatar du membre
Cocochoup
Messages : 401
Enregistré le : 13 oct. 2018, 15:51
Localisation : Un peu ici, entre ailleurs et au delà
Contact :

Re: Ecrire sans juger

Message par Cocochoup »

Coucou
Sujet qui forcément me parle à fond... J'écris à la vitesse d'un escargot.
Je relis 10 fois la phrase que je viens de taper. Si je bloque sur un mot, j'ai du mal à passer la suite. Mais j'essaie de me forcer un peu. A poser un mot qui ne me plaît pas pour continuer l'histoire.
Tant pis, je travaille sur l'acceptation qu'un 1er jet n'est qu'un brouillon. Que je ne m'éviterai pas une ré écriture.
Ce qui ne m'empêche pas d'écrire toujours très lentement. Une phrase écrite eet j'ai le nez en l'air à regarder ce qui se passe autour de moi, à jeter un coup d'œil sur mon téléphone...
Quand au lieu... Pas d'endroit fixe. Souvent à moitié allongée dans la canapé ou dans le lit!

Avatar du membre
Pluma Atramenta
Messages : 271
Enregistré le : 06 juin 2020, 17:25
Contact :

Re: Ecrire sans juger

Message par Pluma Atramenta »

Je me reconnais tellement dans ce que tu dis [mention]Cocochoup[/mention] ! C'est exactement pareil pur moi ! Je dois relire, disons, cinq fois mon chapitre avant de le publier sur PA... et tout cela à cause d'une indécision entre une virgule ou un point-virgule.
Quant au lieu... Il me faut un siège un minimum confortable, une fenêtre ouverte (oui, oui, même en hiver) et une porte fermée. (et siroter un cappuccino en même temps n'est pas mal non plus :'D)

Avatar du membre
Shangaï
Messages : 330
Enregistré le : 08 avr. 2020, 18:33
Localisation : France - Pays de la Loire
Contact :

Re: Ecrire sans juger

Message par Shangaï »

[mention]DraikoPinpix[/mention] jusqu'ici ce dont tu parles ne m'étais jamais arrivé... Depuis peu par contre cela ne cesse de me faire progresser que tout doucement, comme toi !
J'avoue que pour le moment je n'ai pas vraiment trouvé de solution à ce problème et j'essai tant bien que mal à me forcer à écrire en me disant "pas grave, je verrai plus tard". Cela marche par moment mais pas toujours !
En ce qui concerner mon lieu d'écriture, je recherche un endroit ou je me sens bien ! En hiver c'est donc à proximité de la baie vitré dans mon canapé pour pouvoir regardé l'extérieur et en été, un petit coin à l'ombre non loin de mes chevaux !

J'espère que cette manie me passera et que j'arriverai vraiment à occulter pour avancer, et je te le souhaite également :) Je te conseil en tout cas de trouver un lieu ou tu te sente bien et en sécurité ! Après silence ou musique cela dépend de chacun, pour ma part cela dépend surtout des jours et de mon humeur !

Avatar du membre
Fauchelevent
Messages : 151
Enregistré le : 06 janv. 2018, 19:32
Contact :

Re: Ecrire sans juger

Message par Fauchelevent »

Je viens rejoindre la file (et me reconnais tout particulièrement dans le message de [mention]Cocochoup[/mention] <3).

Ecrire est si douloureux et je suis quelqu'un de si obsessionnel que tout prend beaucoup, beaucoup de temps... J'ai beau savoir que ce que j'écris actuellement n'est qu'un brouillon qu'il me faudra retravailler intensément, j'ai tout de même le plus grand mal à écrire pour écrire, sans me préoccuper de la forme, du son ou du mot juste. Je crois que c'est parce que l'inspiration (si tant est qu'elle existe) ne se fait sentir chez moi que lorsqu'une musique me parvient : si quelque chose se met en branle, d'un point de vue du son, juste quelques phrases, alors je serai capable de m'immerger pleinement dans ma scène voire même d'y dénicher des détails que je n'avais pas été capable de distinguer avant, dans le lointain. Ecrire dans le son, avec cette forme de satisfaction primaire qui naîtrait d'une berceuse (et ce même si cela devra être retravaillé par la suite), me permet de vraiment reconnaître l'endroit où je mets les pieds, en tant qu'autrice. Quand il y a cette petite musique difficile à trouver, je sais que je suis bien présente et qu'il me faut "juste" observer.

Concernant mon coin travail, l'appartement dans lequel nous vivons ne nous donne pas vraiment de choix (j'aimerais tellement avoir une pièce entière - même minuscule, même un placard -, fermée, pour écrire !). Nous avons la chance que cet appartement nous ressemble, néanmoins, et c'est déjà précieux (il est vieux, biscornu, avec des tas de poutres et des lanternes et des plantes qui pendent du plafond...). Je me suis installée au plus près de notre grande bibliothèque, notre coin préféré, sur un bureau toujours trop encombré, toujours avec une tasse de thé. Et depuis quelques jours, j'ai une vraie lampe de bibliothèque que mon conjoint m'a offerte. <3 La regarder m'offre une sorte de réconfort, son éclairage est juste assez intime, juste assez jaune - j'écris essentiellement la nuit. Je me suis rendue compte que les "petites choses" qui pouvaient sembler anodines ou superficielles pouvaient m'apporter de petites doses de contentement fort précieuses pour écrire. Les rares fois où j'ai dû m'installer ailleurs, en dehors de ce coin, de chez moi, de ce microcosme familier, je n'arrivais à rien. L'extérieur me parasite. J'envie d'ailleurs beaucoup les gens capables d'écrire partout.

Avatar du membre
Eryn
Messages : 321
Enregistré le : 06 juin 2020, 16:04
Contact :

Re: Ecrire sans juger

Message par Eryn »

Ah c'est marrant, moi non plus ça ne me le fait pas, enfin pas de cette manière !
Ce qu'il se passe c'est qu'en général soit ça bloque et je n'arrive pas à avancer, dans ce cas c'est qu'il y a un problème avec les bases.
Sinon, quand j'écris et que ça ne bloque pas, j'ai plutôt l'impression que ce que je fais est "génial", mais en même temps je sais bien qu'en tant qu'auteure débutante, c'est une impression à prendre avec des pincettes, disons qu'en général si j'ai pris un bon départ, ça roule tout seul et je ne vois pas les défauts parce que mon histoire me plait.

Ensuite vient la phase de la relecture et alors là c'est abominable parce que tous les défauts me sautent à la figure et c'est là que je vois toutes les faiblesses... mais c'est pas grave, des chapitres ça se réécrit, des personnage ça se transforme, des dialogues foireux ça se réécrit...

Par contre si je relis un de mes textes 3 ans plus tard, alors c'est là que je me rends compte si c'était pas trop mal ou désastreux... Et après y'a aussi quelques phases de ras-le-bol pendant lesquelles je me dis mais en fait... ça rime à quoi ?

J'ai aussi parfois des moments de découragement où j'ai l'impression que je n'ai aucune imagination et que tout ce que je fais est nul si je me mets à lire un texte proche de ce que j'écris et qui est bien mieux fait que ce que je fais à ce moment... Alors là c'est découragement total... Difficile de pas se comparer...

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 3 invités